La fermeture de Setapp Mobile a exacerbé le conflit entre Apple et l'Union européenne
La société Apple a publiquement accusé la Commission européenne d'utiliser des « tactiques de retardement politiques » lors de l'examen des modifications des règles de l'App Store. Selon Apple, le régulateur n'approuve pas intentionnellement les nouvelles conditions pour les développeurs afin de maintenir des raisons formelles pour des enquêtes et d'éventuelles amendes.
Ce qui est connu
Cette déclaration a été faite dans le contexte de la fermeture de Setapp Mobile — une alternative à l'App Store pour iOS, qui cessera ses activités en février. Le développeur du service, la société MacPaw, a expliqué la décision par des « conditions commerciales complexes et en constante évolution » qui ne s'intègrent pas dans le modèle actuel de Setapp. Il est attendu que la Commission européenne relie la fermeture de la plateforme précisément aux actions d'Apple.
Cupertino n'est pas d'accord avec cela. Apple affirme qu'à l'automne, elle a envoyé à l'UE un plan officiel de mise en conformité avec les exigences, incluant un nouveau modèle de monétisation pour les magasins tiers. Il s'agit de remplacer la redevance actuelle — 0,50 euro pour chaque installation au-delà d'un million — par une part de 5 % des revenus, ce qui, selon la société, est plus avantageux pour les développeurs. Cependant, selon Apple, la Commission européenne n'a toujours pas répondu et a effectivement bloqué la mise en œuvre de ces changements.
Apple a été obligée de permettre des magasins d'applications tiers dans l'UE après l'entrée en vigueur de la Digital Markets Act. Malgré cela, Apple insiste sur le fait que la demande d'App Store alternatifs en Europe reste faible et que Setapp ferme non pas à cause de sa politique. En même temps, la société reconnaît que l'App Store reste pour elle un canal de distribution bien plus rentable.
Il est également important que Setapp ne soit pas le seul magasin alternatif dans l'UE. Le marché voit encore des acteurs comme Epic Games Store et AltStore. Le conflit entre Apple et la Commission européenne ressemble de plus en plus à une question de principe sur qui détermine exactement les règles du marché numérique — les entreprises ou les régulateurs.
Source : Bloomberg