ArianeGroup et Thales s’attaquent au monopole américain : le missile FLP-T 150 arrive en 2026
L’autonomie stratégique, c’est un beau concept pour les discours politiques, mais c’est encore plus concret quand on commence à fabriquer ses propres munitions sans avoir à demander l’autorisation d’exportation à Washington. La France semble l’avoir bien compris. Les géants de l’industrie de défense, ArianeGroup et Thales, préparent activement le premier tir d’essai de leur nouveau jouet : le missile guidé FLP-T 150. Ce test inaugural est prévu pour la première moitié de l’année 2026, marquant une étape clé pour l’artillerie française.
Remplacer l’Oncle Sam par du « Made in France »
Le projet FLP-T 150 (Flèche Longue Portée - Terre) n’est pas là pour faire de la figuration. Son objectif est clair : offrir à l’armée de Terre une solution souveraine pour ses frappes dans la profondeur. Actuellement, la France dépend des missiles américains GMLRS pour ses systèmes de lance-roquettes unitaires (LRU), la version locale du M270. Avec une portée annoncée de 150 km, ce nouveau projectile tricolore vient directement chasser sur les terres de Lockheed Martin. L'idée est de compléter, voire de remplacer totalement ces munitions importées, afin de garantir une liberté d'action totale en cas de conflit de haute intensité.
FLP-T 150. Foto: ArianeGroup
Un pedigree spatial pour une précision militaire
Ce qui rend ce projet intéressant, c’est l’implication d’ArianeGroup. On ne parle pas ici de simples fabricants de mortiers. L’entreprise gère la production des missiles balistiques intercontinentaux M51 qui équipent les sous-marins nucléaires français, en plus de son activité dans les lanceurs spatiaux civils. Cette expertise se retrouve dans l’architecture du FLP-T 150, qui emprunte des technologies aux missiles balistiques de courte portée. Contrairement aux roquettes classiques, ce système promet une trajectoire plus complexe, une résistance accrue au brouillage électronique et une précision chirurgicale grâce au savoir-faire de Thales en matière de guidage et d'électronique embarquée.
La guerre des consorsiums français
Le chemin vers les budgets de la Direction générale de l'armement n’est pas un long fleuve tranquille. ArianeGroup et Thales ne sont pas seuls sur le coup. Ils font face à un autre duo de poids : MBDA et Safran, qui développent de leur côté le système Thundard. Cette saine compétition interne montre que l’industrie française est prête à investir massivement pour ne plus être une simple cliente des catalogues américains. Le FLP-T 150 mise sur sa modularité et sa capacité à évoluer rapidement pour séduire les états-majors, tout en garantissant une réactivité de déploiement indispensable sur les théâtres d'opérations modernes.
Pendant que Paris peaufine ses capacités de frappe conventionnelle pour regagner sa souveraineté, d'autres mouvements stratégiques s'opèrent de l'autre côté de la Manche, puisque Les États-Unis pourraient retourner des armes nucléaires au Royaume-Uni pour la première fois en plus de 15 ans pour la première fois en plus de 15 ans. Un rappel que la géopolitique européenne est en pleine mutation.