DroneDog : le chien de garde robotique de Boston Dynamics qui ne dort jamais
Un robot quadrupède capable de patrouiller seul, de se recharger automatiquement et de détecter des intrus dans le noir complet : c'est ce que propose DroneDog, né d'un partenariat entre Asylon et Boston Dynamics. Le système a déjà réalisé plus de 250 000 missions autonomes et parcouru plus de 240 000 km. Pour les sites industriels, entrepôts ou infrastructures critiques, c'est une alternative concrète à la surveillance humaine — mais son déploiement en France soulève des questions réglementaires importantes.
Le robot et son équipement
À la base, DroneDog repose sur le robot Spot de Boston Dynamics, équipé d'un kit propriétaire appelé PupPack. Ce module embarque une caméra thermique avec zoom optique 20x, des classificateurs d'intelligence artificielle capables de distinguer un animal, une personne ou un véhicule, ainsi qu'un chiffrement AES-256 pour sécuriser les données transmises. Le robot fonctionne environ 90 minutes par charge, puis rejoint automatiquement sa station de recharge baptisée DogHouse — un module protégé qui assure aussi l'autodiagnostic avant chaque ronde.

Une version améliorée, DroneDog-2, a été lancée mi-2024 avec un suivi automatique renforcé et une autonomie étendue. Tous les clients existants ont bénéficié de la mise à jour sans frais supplémentaires.
Le prix et l'enjeu réglementaire en France
Le coût total du système dépasse 150 000 $ (environ 138 000 €), auxquels s'ajoutent des frais d'abonnement pour la supervision à distance via un centre d'opérations (RSOC). À titre de comparaison, un agent de sécurité disponible 24h/24 coûte en moyenne 250 000 $ par an aux États-Unis. La comparaison économique est favorable au robot — du moins sur le papier.
Reste le cadre légal. En France, la CNIL encadre strictement la vidéosurveillance : durée de conservation limitée, obligation de justifier un intérêt légitime, et information des personnes filmées. Or DroneDog transmet des flux vidéo en temps réel via LTE vers le cloud. Asylon devra démontrer que ce routage de données est conforme au RGPD, notamment via les clauses contractuelles types imposées par l'article 46, comme le rappelle l'EDPS. Par ailleurs, le règlement européen sur l'IA (AI Act), entré en vigueur en août 2024, impose des exigences de transparence sur les systèmes de décision automatisée — y compris la détection de menaces, selon GLI.
Disponibilité
Aucun partenaire distributeur ni homologation spécifique au marché français n'ont été annoncés à ce jour. Les déploiements restent concentrés aux États-Unis, notamment auprès d'entreprises du Fortune 500. Pour les entreprises françaises intéressées, la question n'est donc pas seulement budgétaire : c'est d'abord une question de conformité réglementaire à résoudre avant toute installation.