Disney poursuivi pour reconnaissance faciale dans ses parcs : ce que ça change en Europe

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 03:00
Disney poursuivi pour reconnaissance faciale dans ses parcs : ce que ça change en Europe

Disney fait face à une action collective déposée le 15 mai 2026 devant un tribunal fédéral californien. La plainte vise les systèmes de reconnaissance faciale installés aux entrées de Disneyland et Disney California Adventure depuis avril 2026. Les plaignants réclament au moins 5 millions de dollars et dénoncent une collecte de données biométriques sans consentement écrit valable.

Le système en cause

Concrètement, la technologie compare le visage du visiteur avec la photo fournie lors de l'achat d'un billet ou d'un abonnement annuel. Disney affirme que les données sont supprimées sous 30 jours, mais la plainte conteste ce point : les photos liées aux billets resteraient accessibles bien au-delà. Pour signaler la présence du dispositif, le parc s'appuie sur des pictogrammes à l'entrée — une silhouette barrée. L'avocat Blake Yagman, qui représente les visiteurs, estime que ce n'est pas suffisant : selon lui, chaque personne devrait donner son accord explicite par écrit, et non avoir à chercher un moyen de refuser, comme le rapporte The Hollywood Reporter.

Ce que dit le droit français

En France, ce modèle fondé sur l'opt-out ne passerait pas. Le RGPD classe les données biométriques parmi les données sensibles : leur traitement exige un consentement préalable, libre, éclairé et explicite. La CNIL défend cette position depuis 2019 et s'oppose aux bases de données biométriques centralisées, qu'elle considère comme un risque majeur pour les libertés. Hors de rares exceptions légales comme les fichiers TAJ ou le système Parafe aux aéroports, la reconnaissance faciale reste interdite sur le territoire français.

Disneyland Paris n'a pas adopté de système comparable. Si le groupe tentait de l'y déployer, la CNIL serait en mesure de s'y opposer avant même tout lancement. Le contexte européen renforce cette protection : l'AI Act, entré progressivement en vigueur depuis 2024, impose des contraintes supplémentaires pour les systèmes d'identification biométrique à distance dans les espaces accessibles au public.

Et maintenant ?

L'affaire américaine pourrait faire jurisprudence sur la manière dont les grandes entreprises de loisirs collectent des données dans leurs parcs. Pour les visiteurs français qui se rendent à Disneyland en Californie, la réalité est différente : le droit local s'applique, et les protections européennes ne suivent pas. Engadget note que la plainte concerne des millions de visiteurs, dont des enfants — un point qui, en Europe, déclencherait automatiquement des exigences encore plus strictes.