Meta retire un code de reconnaissance faciale caché dans son appli pour lunettes connectées

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 02:29
Meta retire un code de reconnaissance faciale caché dans son appli pour lunettes connectées

Meta a discrètement supprimé un code de reconnaissance faciale dissimulé dans l'application Meta AI, après que le magazine Wired en a révélé l'existence le 4 juin 2026. Ce code, baptisé NameTag en interne, était présent sur des dizaines de millions de téléphones depuis janvier 2026, sans qu'aucun utilisateur n'en soit informé. Meta a publié une mise à jour pour le retirer moins de 24 heures après la publication de l'enquête.

Ce que NameTag faisait

NameTag était capable de convertir chaque visage capturé par les lunettes connectées en un identifiant biométrique, de le stocker localement sur l'appareil, puis de le comparer à une base de données mise à jour depuis les serveurs de Meta. La fonctionnalité n'était pas activée pour les utilisateurs finaux, mais le code était pleinement intégré à l'application qui relie les lunettes Ray-Ban et Oakley de Meta au smartphone. Le New York Times avait déjà évoqué ce projet en février 2026 sous le même nom — Meta aurait même discuté en interne du bon moment pour le lancer, en évoquant un « environnement politique dynamique ».

Andy Stone, vice-président de Meta chargé des communications, a qualifié NameTag de simple projet exploratoire, sans décision finale prise. La rapidité du retrait du code, intervenu sitôt après la publication, a toutefois contredit ce discours de transparence.

Le risque réglementaire en France

La CNIL avait déjà sanctionné Meta à hauteur de 1,2 milliard d'euros en 2022 pour défaut de consentement dans le transfert de données. NameTag, en tant que code dormant installé à l'insu des utilisateurs, renforce l'argument d'une tromperie délibérée. Selon Decrypt, le régulateur britannique ICO a d'ores et déjà contacté Meta pour vérifier sa conformité aux lois sur la protection des données — un signal que le Comité européen de la protection des données (CEPD) pourrait coordonner une réponse similaire à l'échelle européenne, avec la France en position centrale.

Les lunettes Ray-Ban Meta sont vendues en France chez Fnac, Boulanger et Amazon.fr. Un backlash consommateur reste possible si une enquête publique de la CNIL venait à s'ouvrir. L'EFF souligne par ailleurs que même désactivée, l'architecture biométrique reste présente dans l'application — ce qui pose la question du consentement éclairé à l'achat.

Ce que ça change

Meta a déjà versé plus de 2 milliards de dollars dans des règlements liés à la biométrie aux États-Unis (650 millions pour l'Illinois, 1,4 milliard pour le Texas). En Europe, le règlement sur l'IA interdit en principe l'identification biométrique en temps réel dans les espaces publics. Si NameTag venait à être relancé sans cadre de consentement explicite, les sanctions encourues pourraient atteindre 6 % du chiffre d'affaires mondial de Meta.