Blue Origin obtient le feu vert de la FAA pour relancer New Glenn après l'incident d'avril
Blue Origin a reçu l'autorisation de la FAA (l'agence fédérale américaine de l'aviation civile) pour reprendre les vols de sa fusée New Glenn, un mois après avoir mis un satellite client sur la mauvaise orbite. L'annonce a été faite directement sur le réseau X. Ce retour en vol arrive au moment où la crédibilité du programme dépend autant des prochaines missions que des explications toujours manquantes sur la panne.
La panne
Lors du troisième vol de New Glenn, le 19 avril, l'étage supérieur de la fusée a subi ce que Blue Origin appelle une « condition thermique hors nominal ». L'un des deux moteurs BE-3U a produit une poussée inférieure aux prévisions, empêchant le satellite BlueBird 7 d'AST SpaceMobile d'atteindre l'orbite prévue. L'appareil est retombé dans l'atmosphère et s'est désintégré. AST SpaceMobile a confirmé que la perte était couverte par une assurance, mais le calendrier de construction de sa constellation de satellites s'en trouve compromis, selon SpaceDaily (avril 2026).
Blue Origin dit avoir remis un rapport d'incident à la FAA et appliqué les « mesures correctives nécessaires » — sans préciser lesquelles. Aucun détail technique sur les modifications apportées n'a été communiqué.
Malgré cette défaillance, le vol n'a pas été un échec total : Blue Origin a réussi pour la première fois à réutiliser le propulseur principal de New Glenn et à le poser une deuxième fois sur une plateforme maritime. C'est une étape importante pour réduire les coûts à terme.
Le calendrier sous pression
Blue Origin vise jusqu'à 12 lancements de New Glenn d'ici fin 2026. En pratique, le programme accuse déjà du retard : seuls deux vols ont été réalisés en 2025, contre six à huit prévus. Si l'immobilisation d'un mois n'a pas encore fait l'objet d'un aveu d'impact sur ce calendrier, la marge de manœuvre est étroite.
Pour des opérateurs comme Eutelsat, qui ont signé des contrats avec Blue Origin dès 2018 selon Wikipedia (contrats clients New Glenn), chaque retard supplémentaire pousse à regarder vers un Falcon 9 de SpaceX — une fusée avec plus de 200 missions réussies au compteur. Arianespace, de son côté, peut aussi mettre en avant un historique sans perte de charge utile client sur Ariane 5, un argument de poids pour les opérateurs européens qui évaluent leurs options.
La suite
Le prochain vol de New Glenn sera scruté de près. Blue Origin doit démontrer que la panne d'avril était isolée, et non le signe d'un problème structurel dans la conception de l'étage supérieur. Sans plusieurs missions consécutives réussies, les promesses de cadence resteront difficiles à tenir — et les clients à convaincre.