La NASA prépare des livraisons mensuelles sur la Lune dès 2027
À partir de 2027, la NASA compte expédier des engins robotiques vers la Lune pratiquement chaque mois. L'administrateur Jared Isaacman a confirmé ce calendrier en s'appuyant sur le programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services), un dispositif d'achats qui délègue les vols à des entreprises privées américaines. L'objectif : poser les fondations d'une base permanente près du pôle Sud avant d'y envoyer des astronautes.
La cadence
L'agence prévoit jusqu'à 25 missions d'ici 2029, dont 21 alunissages, pour livrer environ 4 tonnes de fret par cycle. Les premières livraisons testeront les systèmes d'atterrissage automatique ; les suivantes apporteront des panneaux solaires, des modules de communication et des équipements de construction autonome. La mission Artemis III, initialement prévue comme premier atterrissage habité fin 2027, a été requalifiée en démonstration technologique en orbite terrestre. Le premier alunissage avec équipage est désormais visé pour début 2028 dans le cadre d'Artemis IV.

Pôle Sud : pourquoi cet endroit
Le choix du pôle Sud n'est pas anodin. Des cratères en permanence à l'ombre y renferment de la glace d'eau, ressource indispensable pour alimenter un équipage et produire du carburant sur place. Construire une infrastructure là-bas exige une chaîne logistique régulière — d'où la cadence mensuelle. Blue Origin a décroché un contrat de 188 millions de dollars pour acheminer des rovers lunaires ; Astrolab et Lunar Outpost ont obtenu respectivement 219 et 220 millions de dollars pour leurs propres véhicules, selon les contrats Moon Base annoncés en mai 2026. SpaceX, dont le Starship HLS est toujours en cours de certification, n'apparaît pas dans les attributions actuelles de poseurs.
L'Europe en retrait
La France a signé les accords Artemis en 2019, mais aucun contrat de fret lunaire récurrent n'implique de partenaire français ou européen pour la période 2027–2029. Thales Alenia Space contribue au module HALO de la station Gateway en orbite lunaire, mais cette participation ne s'étend pas aux missions cargo automatisées. Le cadre CLPS 2.0, dont l'appel d'offres a été publié le 15 mai 2026, est pour l'instant réservé aux fournisseurs américains — la date limite de réponse était fixée au 30 juin 2026, sans annonce de partenaires européens selon les partenariats Artemis.
Et après la Lune ?
La NASA est explicite : les technologies testées lors de la construction de la base lunaire — impression 3D, robots autonomes, production de carburant in situ — serviront de base à une future mission habitée vers Mars, envisagée au milieu des années 2030. La Lune joue le rôle de terrain d'essai grandeur nature, où les erreurs restent récupérables. La vraie question est de savoir si les délais tiendront : ni SpaceX ni Blue Origin n'ont encore achevé la certification de leurs poseurs habités.