Tesla reconvertit son usine de Fremont pour produire le robot Optimus Gen 3

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 14:24
Tesla reconvertit son usine de Fremont pour produire le robot Optimus Gen 3

Tesla a officiellement arrêté la production des Model S et Model X à son usine de Fremont début mai 2026, après 14 et 11 ans de fabrication respectivement. La chaîne d'assemblage accueille désormais les premières lignes de production de l'Optimus Gen 3, le robot humanoïde de la marque. Tesla n'est plus seulement un constructeur automobile : c'est le pari que fait Elon Musk sur l'avenir de la robotique de masse.

La reconversion

L'usine de Fremont a une histoire dense. Ancienne coentreprise Toyota-GM sous le nom NUMMI, elle a été rachetée par Tesla en 2010. C'est là que la Model S a été lancée en 2012, transformant l'entreprise en acteur sérieux de l'électrique. Environ 610 000 exemplaires des Model S et X y ont été assemblés avant que les lignes ne soient démontées en mai 2026. Les Model 3 et Model Y, eux, continuent d'être fabriqués sur le site.

Tesla a choisi de ne pas moderniser ces lignes pour de nouveaux véhicules mais de les dédier entièrement à l'Optimus Gen 3. Le chantier a duré quatre mois — un délai qu'Elon Musk lui-même a qualifié d'« incroyablement rapide ». Une partie des équipements modulaires a été importée d'Allemagne. Le robot se compose d'environ 10 000 pièces uniques, ce qui impose une montée en cadence progressive avant d'atteindre l'objectif affiché d'un million d'unités par an.

Ce que ça change — et ce que ça ne change pas encore

Sur le papier, les ambitions sont considérables. Tesla vise un prix de vente entre 20 000 et 30 000 dollars pour les modèles grand public, avec un lancement commercial prévu fin 2027. L'usine texane de Giga Texas devrait prendre le relais à partir de 2027, avec une capacité cible de 10 millions d'unités par an. Musk évoque même un scénario à 20 milliards de robots à terme.

Le contexte concurrentiel tempère cependant l'enthousiasme. En 2025, environ 13 000 robots humanoïdes ont été livrés dans le monde, dont 90 % fabriqués en Asie selon le bilan du marché 2026. Le chinois Unitree propose déjà son modèle G1 à 16 000 dollars. Tesla devra démontrer que sa proposition justifie l'écart de prix.

Faut-il s'attendre à une disponibilité en France ?

Pour l'instant, rien n'est annoncé pour le marché français — ni date de commercialisation, ni partenaire distributeur, ni calendrier de certification CE. La CNIL encadre strictement les systèmes d'IA autonomes collectant des données, et les grandes centrales syndicales ont déjà exprimé des réserves sur l'automatisation sans plan d'accompagnement à la formation. Stellantis et Renault, de leur côté, testent d'autres partenaires robotiques — pas Tesla.

Le marché français de la robotique humanoïde affiche un taux de croissance annuel projeté de 38,9 % selon Fortune Business Insights, mais reste l'un des plus lents d'Europe à adopter ces technologies. L'Optimus Gen 3 existe — sa route vers les foyers français reste, elle, entièrement à construire.