Un robotaxi Waymo a livré deux ados en train de boire à la police
Un véhicule autonome Waymo a conduit deux adolescents de 15 ans directement entre les mains de la police à San Mateo, en Californie, début juillet 2026. Les deux passagers consommaient de l'alcool dans l'habitacle et tiraient des billes en gel (les fameux « Orbeez ») sur des passants depuis le véhicule. C'est la première fois que Waymo a contacté directement le service de police de San Mateo pour un comportement inapproprié de passagers.
Ce qui s'est passé
Un opérateur Waymo surveillait le flux vidéo en direct à bord du véhicule — une pratique que l'entreprise réserve, selon elle, aux « circonstances urgentes ». En repérant l'alcool et les pistolets jouets, l'opérateur a bloqué les portes à distance, puis a annoncé aux adolescents via les haut-parleurs que le véhicule avait une panne mécanique. Le robotaxi s'est alors garé dans un parking, où cinq unités de police attendaient, selon ABC7 San Francisco. Les deux mineurs ont été remis à leurs parents ; le parquet du comté de San Mateo examine les chefs d'accusation possibles, notamment la consommation d'alcool par des mineurs et le comportement menaçant.
La police de San Mateo a noté, non sans ironie, que les adolescents avaient au moins évité de conduire en état d'ivresse — faute de volant.
La surveillance des passagers en question
L'affaire soulève une question que le droit français n'a pas encore tranchée : dans quelles conditions un opérateur de transport peut-il activer une caméra de surveillance à l'intérieur d'un véhicule partagé, et qui doit en être informé ? La CNIL a engagé des consultations sur la vidéosurveillance biométrique dans les transports collectifs en 2024-2025, mais le cas précis d'un opérateur distant regardant en temps réel des mineurs sans consentement parental préalable n'a pas encore été traité. Waymo n'a pas précisé ce qu'il advient des enregistrements une fois l'incident clos.
L'écart entre le discours commercial — un taxi « entièrement autonome » — et la réalité d'un opérateur humain capable de bloquer le véhicule et d'appeler la police n'est pas nouveau. Lors d'une audition au Sénat américain en février 2026, SecureWorld avait déjà documenté que Waymo n'avait pas clairement divulgué ce rôle de surveillance à distance dans ses déclarations de sécurité.
Avant un éventuel déploiement en France
Waymo n'opère pas encore en France — Renault et Stellantis avancent leurs propres projets de véhicules autonomes. Mais cet incident californien arrive au bon moment pour alimenter le débat réglementaire avant tout déploiement commercial. Si un robotaxi peut surveiller ses passagers en temps réel et appeler les forces de l'ordre, les conditions de ce déclenchement, la durée de conservation des images et les droits des mineurs devront être définis clairement — de préférence avant la première course, pas après.