Quatrième échec en 2026 : la Chine perd une fusée Long March 7A dès le décollage
Le programme spatial chinois vient de subir son quatrième échec de lancement en 2026. La fusée Long March 7A s'est désintégrée environ 85 secondes après son décollage depuis la base de Wenchang, sur l'île de Hainan. L'agence nationale CASC a confirmé l'incident sans divulguer la nature de la charge utile — une pratique habituelle pour les missions à vocation militaire ou stratégique.
La chute en direct
La défaillance s'est produite au niveau du premier étage, en plein vol retransmis. Les débris sont tombés dans l'océan. Selon les analystes cités par SpaceNews, la charge utile était probablement un satellite de reconnaissance optique ou un dispositif de communications sécurisées. Pékin n'a fourni aucun détail supplémentaire.
China's Long March 7A has exploded during first stage flight.https://t.co/8Ije1oeWe7 pic.twitter.com/qNa1nIYH6T
— NSF - NASASpaceflight.com (@NASASpaceflight) August 10, 2026
La Long March 7A est un lanceur moyen tri-étagé conçu pour placer des satellites lourds en orbite de transfert géostationnaire. Elle fonctionne au kérosène et à l'oxygène liquide, un carburant plus propre que les ergols toxiques utilisés sur les anciens modèles chinois. Cela ne l'a pas protégée d'une défaillance précoce en vol.
Une série noire qui interroge
Ce n'est pas un incident isolé. En janvier 2026, deux fusées ont échoué le même jour — ce que les observateurs ont surnommé le « Black Saturday » chinois, selon SCMP. En avril, c'est le lanceur commercial Tianlong-3 qui s'est crashé. La Long March 7A porte le total à quatre échecs en moins de huit mois.
En arrière-plan, une panne du moteur YF-75 sur une Long March 3B en janvier avait cloué au sol l'ensemble du manifeste GEO classifié pendant cinq mois. Le retour en vol n'a eu lieu qu'en juin 2026, selon TechTimes. La pression pour rattraper le retard accumulé a visiblement pesé sur le contrôle qualité.
La course au rythme, un pari risqué
La Chine vise environ 140 lancements en 2026, un rythme qui se rapproche de celui de SpaceX. Mais là où Falcon 9 bénéficie de la réutilisabilité et d'une chaîne industrielle rodée, les lanceurs d'État chinois opèrent sous forte opacité et avec des manifestes rigides. Multiplier les lancements sans renforcer les processus de vérification finit par produire exactement ce type de série noire.
En Europe, le projet de constellation IRIS² — la réponse de l'UE à Starlink — mise justement sur la fiabilité plutôt que sur la cadence. Les déboires chinois illustrent ce que coûte l'inverse.