Adieu Windows : pourquoi l'État français bascule (enfin) vers Linux

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 19:15
Logo Linux sur un écran d'ordinateur gouvernemental Logo Linux sur un écran d'ordinateur gouvernemental. Source: AI

Ce n'est plus une simple rumeur de couloir pour technophiles libristes : la France a décidé de débrancher Windows de ses administrations. Le gouvernement a officiellement annoncé son intention de migrer son parc informatique vers Linux, le célèbre système d'exploitation open-source. L'objectif est limpide : réduire une dépendance jugée toxique envers les technologies venues d'outre-Atlantique et garantir une forme de survie numérique dans un climat géopolitique de plus en plus erratique.

Reprendre les clés de la maison numérique

Le constat est brutal mais honnête. En s'appuyant massivement sur les solutions de Redmond, l'État s'est enfermé dans une cage dorée dont il n'a pas les clés. David Amiel, ministre français, n'a pas mâché ses mots en affirmant que cette transition visait à regagner la maîtrise de l'infrastructure numérique nationale. Selon lui, il est devenu inacceptable que le gouvernement ne puisse pas garantir le contrôle total de ses propres données et de ses outils de travail quotidiens.

reprendre le contrôle de notre destin numérique
— David Amiel

Si aucune date précise n'a été avancée pour la finalisation de ce chantier titanesque, le choix des distributions Linux reste encore à l'étude. Qu'il s'agisse d'une version sur mesure ou d'une distribution existante, l'idée est de s'affranchir des licences propriétaires et des télémétries parfois trop curieuses des géants américains.

Un contexte géopolitique devenu intenable

Ce divorce n'arrive pas par hasard. Depuis le début de l'année 2025, l'imprévisibilité de l'administration Trump a sérieusement refroidi les relations transatlantiques. Entre l'utilisation agressive des sanctions économiques comme arme politique et les pressions exercées sur les services technologiques, Paris a compris que la « souveraineté numérique » n'était plus un concept abstrait, mais une nécessité de sécurité nationale. Le risque de voir des accès coupés ou des services suspendus du jour au lendemain n'est plus une hypothèse de science-fiction.

Cette prise de conscience dépasse d'ailleurs les frontières de l'Hexagone. Le Parlement européen a déjà emboîté le pas en adoptant un rapport demandant à la Commission d'identifier les secteurs où l'Union doit impérativement réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers. La France, comme souvent, tente de jouer le rôle de locomotive dans ce mouvement de résistance technologique.

Au-delà du simple système d'exploitation

L'abandon de Windows n'est que la partie émergée de l'iceberg. Il y a quelques mois, le gouvernement avait déjà banni Microsoft Teams pour les visioconférences ministérielles. À la place, les fonctionnaires utilisent désormais Visio, un outil souverain basé sur le logiciel libre Jitsi, réputé pour son chiffrement de bout en bout. Même les données de santé, sujet ô combien sensible, devraient migrer vers une plateforme de confiance nationale d'ici la fin de l'année.

Cette méfiance envers les outils étrangers et leur porosité supposée n'est pas infondée, surtout quand on sait que même des applications réputées ultra-sécurisées peuvent être compromises par des agences fédérales. On a ainsi vu récemment que Le FBI a pu récupérer les messages supprimés de Signal sur iPhone — même après la suppression de l'application, ce qui rappelle que la sécurité absolue n'existe que si l'on maîtrise l'ensemble de la chaîne technologique.