Le seaglider Squire atteint 130 km/h : Regent prépare le transport côtier de demain

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 12:46
Le Squire Seaglider de Regent en phase de vol en effet de sol lors de ses essais récents. Le Squire Seaglider de Regent en phase de vol en effet de sol lors de ses essais récents.. Source: Source : Regent

Le seaglider Squire de la startup américaine Regent a atteint 130 km/h lors de ses derniers essais autonomes, une étape décisive dans le développement de cet appareil hybride. Le 13 avril 2026, il a effectué son premier vol autonome au large de Rhode Island — avant même que la version passagers Viceroy n'ait quitté les phases de tests sur l'eau, malgré un carnet de pré-commandes qui dépasse déjà 10 milliards de dollars.

Entre bateau et avion

Le Squire exploite trois modes de déplacement successifs. Il démarre comme un bateau ordinaire, puis se soulève sur des hydrofoils qui réduisent la résistance de l'eau, avant de décoller complètement à vitesse maximale pour voler à quelques mètres de la surface grâce à l'effet de sol — un phénomène aérodynamique qui améliore la portance au ras du sol ou de l'eau. Ce profil de vol évite à l'appareil de consommer de l'énergie pour monter en altitude, contrairement à un avion classique. Huit moteurs électriques, répartis le long d'une voilure de 5,5 mètres, assurent la propulsion. L'autonomie actuelle dépasse 185 kilomètres.

Le Corps des Marines américain a engagé environ 15 millions de dollars au total pour tester la technologie dans des scénarios de logistique en zone contestée et d'évacuation médicale, selon REGENT corporate (mars 2025). L'appareil étant électrique, son empreinte thermique et sonore est très réduite — un avantage non négligeable pour des missions discrètes dans le Pacifique.

L'Europe dans la ligne de mire

Du côté commercial, Regent développe en parallèle le Viceroy, un modèle de 12 passagers capable de parcourir environ 290 kilomètres sur une seule charge à une vitesse cible de 290 km/h. Brittany Ferries figure parmi les clients engagés, avec un projet de traversée de la Manche, selon CNN (juin 2024). Des routes en Méditerranée — Côte d'Azur, Italie, Grèce — suscitent également un intérêt commercial, mais aucun calendrier d'exploitation ni tarif n'a été communiqué à ce stade.

Les obstacles à franchir

La certification reste le principal défi. L'appareil évolue à la frontière de deux domaines réglementaires : ni tout à fait navire, ni tout à fait aéronef. Aux États-Unis, c'est la Garde côtière — et non la FAA — qui est compétente, ce qui pourrait accélérer les délais d'autorisation. En Europe, aucune agence n'a encore défini de cadre d'homologation spécifique aux WIG (wing-in-ground effect) pour le transport de passagers ; les recommandations IMO/ICAO de 2018 existent, mais leur transposition nationale reste à faire. Par ailleurs, voler à 130 km/h à très basse altitude impose des systèmes de détection d'obstacles particulièrement fiables. Les premières livraisons commerciales sont attendues entre 2026 et 2027.