La NASA envoie un robot sauver un télescope en chute libre

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 15:07
La NASA envoie un robot sauver un télescope en chute libre

Le télescope spatial Swift de la NASA est en train de tomber, et le lancement d'une mission de sauvetage est prévu pour le 27 juin 2026. Sans intervention, l'observatoire — opérationnel depuis 21 ans — pourrait rentrer dans l'atmosphère dès la fin de l'année.

La chute

Swift tourne en orbite basse depuis novembre 2004, initialement conçu pour étudier les sursauts gamma pendant deux ans. Il est devenu bien plus : un observatoire multifréquence que la NASA décrit comme un « dispatcheur » cosmique, capable de repérer un phénomène inhabituel et de transmettre ses coordonnées à d'autres télescopes en quelques minutes. C'est Swift qui a permis d'identifier une source de rayons X révélée comme une supernova vieille de près de 13 milliards d'années.

Le problème : le maximum solaire de 2024 a intensifié la résistance des couches supérieures de l'atmosphère. L'orbite de Swift a glissé de 600 km à environ 370 km d'altitude. La NASA a suspendu ses opérations scientifiques en février 2026 pour limiter la traînée, puis mis hors service le télescope d'alerte aux sursauts en avril. Un actif estimé à 500 millions de dollars réduit au silence, pour gagner du temps.

La sonde de sauvetage

En septembre 2025, la NASA a confié un contrat de 30 millions de dollars à la startup Katalyst Space pour construire LINK, un engin robotisé équipé de trois bras mécaniques et de propulseurs à effet Hall au xénon. L'objectif : s'amarrer à Swift — un satellite qui n'a jamais été conçu pour recevoir ce type d'intervention — et le repousser vers une orbite plus haute.

Le calendrier est serré à l'extrême : huit mois de la conception au lancement, là où les cycles habituels de la NASA s'étalent sur dix ans. Selon Spaceflight Now testing report, la mission a passé ses tests clés en mai 2026 en confirmant une fenêtre d'approche minimale à 300 km d'altitude.

LINK sera lancé par une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, larguée depuis l'avion Stargazer à environ 12 km d'altitude au-dessus de l'atoll de Kwajalein, dans le Pacifique. La mise en orbite prendra moins de dix minutes après le largage.

Un précédent mondial

C'est la première fois qu'une sonde tente de capturer et de propulser un satellite non préparé pour ce type de manœuvre, selon NASA Swift Boost Mission. Si LINK réussit, il établit un modèle pour prolonger la vie d'autres observatoires vieillissants sans avoir à les remplacer.

En France, ni le CNES ni aucun acteur industriel n'a développé de capacité équivalente en réparation orbitale. Alors que les débris et les satellites en fin de vie s'accumulent en orbite basse, la dépendance à des partenaires extérieurs à l'UE pour ce type d'opération reste entière.