Cinq capsules pour une décennie : SpaceX arrête la production de Crew Dragon
SpaceX a officiellement arrêté la production de nouvelles capsules Crew Dragon et compte exploiter sa flotte actuelle de cinq appareils pour les années à venir. La NASA a simultanément commandé six missions supplémentaires après Crew-14, citant explicitement les retards de Boeing comme raison. Résultat : Crew Dragon devient le seul transporteur habité fiable vers la Station spatiale internationale (ISS) jusqu'à son déorbit en 2030.
La flotte qu'on fait durer
Les cinq capsules existantes étaient initialement certifiées pour cinq vols chacune. SpaceX et la NASA travaillent désormais à étendre cette certification à quinze missions par véhicule — une façon de rentabiliser la flotte sans en construire de nouvelles. La prochaine démonstration de cette stratégie sera la mission Crew-13, dont le lancement est prévu au plus tôt le 12 septembre 2026. La capsule Grace y effectuera son deuxième vol après ses débuts sur la mission Axiom-4 en 2025. Les données techniques sur la réutilisation sont disponibles sur le site SpaceX.
Boeing absent, Dragon seul à bord
L'abandon de la production n'est pas un caprice industriel : c'est une réponse à une situation de marché sans alternative. Selon un rapport de l'Eastern Herald (juillet 2026), l'inspecteur général de la NASA confirme que le Starliner de Boeing ne sera pas certifié pour des équipages avant 2027 au plus tôt — soit six ans de retard sur le calendrier initial. Même si Boeing obtient enfin sa certification, il ne resterait que trois à cinq opportunités opérationnelles avant la déorbit de l'ISS. Selon TechTimes (juillet 2026), le document officiel de passation de marchés de la NASA nomme explicitement les problèmes de Boeing pour justifier les six contrats Dragon supplémentaires — une reconnaissance publique sans précédent de l'absence de concurrent viable.
La dépendance qui dérange
Pour l'ESA, la situation est inconfortable. L'agence cherche des places sur les missions SpaceX pour ses astronautes européens, sans alternative disponible côté européen. Côté commercial, les opérateurs privés Axiom Space, Vast et Voyager Technologies ont déjà réservé des vols Dragon. Ces sociétés envisagent de vendre des séjours orbitaux « tout inclus » — transport et hébergement en orbite — mais le choix du transporteur ne leur appartient pas vraiment : c'est Dragon par défaut.
Starship pourrait un jour changer la donne, mais SpaceX prévoit une longue période de cohabitation entre les deux véhicules. En attendant, cinq capsules portent l'ensemble du programme habité américain — et une bonne partie du calendrier européen.