CATL certifie sa batterie pour eVTOL : une première mondiale sous surveillance chinoise
CATL, le premier fabricant mondial de batteries, vient de franchir une étape concrète vers l'aviation électrique : sa batterie prismatique de 350 Wh/kg a passé un test de sécurité aéronautique sous la supervision de la CAAC, l'autorité civile de l'aviation chinoise. C'est la première fois qu'une batterie à cette densité d'énergie obtient un tel résultat pour un usage dans des appareils électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL). Pour les passagers qui rêvent de taxis volants urbains, c'est un signal que la technologie avance, même si la route reste longue.
Le test
La procédure a dépassé les standards habituels du secteur : plutôt que de provoquer la défaillance d'une seule cellule, les ingénieurs ont déclenché simultanément l'emballement thermique de deux cellules adjacentes, aussi bien au centre qu'aux coins du pack. La propagation thermique n'a pas atteint les cellules voisines, selon Automotive World. CATL affirme que la batterie est prête pour la production en série — sans préciser de date pour les premiers vols habités.
Le premier client confirmé est Autoflight, un développeur chinois d'eVTOL dans lequel CATL a investi plusieurs centaines de millions de dollars depuis août 2024, selon CnEV Post. Le partenariat illustre une stratégie verticale : CATL contrôle à la fois la cellule et le financement de l'appareil qui l'embarque.
Ce que ça change — et ce que ça ne change pas
La densité de 350 Wh/kg est nettement supérieure aux 250-300 Wh/kg des batteries embarquées dans les voitures électriques actuelles. Ce gain de légèreté est précisément ce qui rend l'aviation urbaine envisageable : chaque kilogramme économisé réduit la puissance nécessaire au décollage vertical.
Mais la certification CAAC ne vaut pas approbation EASA. Les deux systèmes ne sont pas équivalents, et l'EASA développe encore ses propres exigences pour les batteries d'aéronefs électriques — la catégorie « Enhanced » impose notamment un taux de fiabilité de 10⁻⁹, avec une standardisation de conception encore en cours, selon CleanTechnica. Ni Airbus ni Safran n'ont annoncé de partenariat avec CATL ; tous deux s'appuient sur des fournisseurs occidentaux comme Saft pour leurs projets d'aviation électrique certifiables en Europe.
La suite
CATL a prouvé que la chimie tient sur le plan de la sécurité dans un cadre réglementaire chinois. Pour qu'un eVTOL opère sur des liaisons urbaines en France, il faudra une validation EASA distincte — dont le calendrier reste inconnu. En attendant, la course aux batteries d'aviation s'accélère, et le fabricant de Ningde prend une longueur d'avance sur le plan industriel.