Les constructeurs automobiles chinois misent sur les robots humanoïdes — et ça inquiète Tesla

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 00:40
Les constructeurs automobiles chinois misent sur les robots humanoïdes — et ça inquiète Tesla

Les constructeurs automobiles chinois ne se contentent plus de vendre des voitures électriques : ils misent massivement sur les robots humanoïdes comme prochaine source de revenus. Xpeng Robotics a bouclé une levée de fonds de plus de 900 millions de dollars à une valorisation de 6,3 milliards de dollars, selon Electrek. C'est la plus importante levée en un seul tour dans l'IA incarnée en Chine — et le signal que la robotique humanoïde est devenue un enjeu industriel majeur.

La course aux robots

Xpeng prévoit de lancer la production en masse de son robot IRON d'ici fin 2026, avec des livraisons commerciales internationales ciblées pour 2027. Le fondateur He Xiaopeng et le co-président Brian Gu ont eux-mêmes investi environ 100 millions de dollars de fonds personnels dans ce tour, signe de leur conviction sur le sujet. Tencent et Alibaba figurent parmi les autres investisseurs.

BYD a pour sa part dévoilé son robot humanoïde Xiao Di en août 2026, destiné à ses salles d'exposition en Chine. L'appareil mesure 1,61 m, dispose de 31 degrés de liberté et parle plusieurs langues. Changan, GAC, Li Auto, SAIC et Seres développent également leurs propres modèles, selon The Next Web.

L'avantage de ces constructeurs est concret : leurs chaînes d'approvisionnement EV — batteries, moteurs, systèmes de contrôle électronique — se recyclent directement dans la fabrication de robots. C'est un atout industriel que ni Tesla ni aucun acteur européen ne possède à cette échelle.

Et en Europe ?

Tesla Optimus reste en phase de recherche et développement, sans chiffre d'affaires commercial à ce jour. L'entreprise vise ses premiers clients commerciaux fin 2026, mais le programme accumule les retards.

Côté réglementation, les États-Unis ont interdit le 28 juillet 2026 l'importation de robots humanoïdes chinois, invoquant la sécurité nationale. Cette décision bloque Xiao Di et d'autres appareils du marché américain. En France et en Europe, aucune restriction équivalente n'est en vigueur pour l'instant, mais le précédent américain pourrait influencer les discussions autour du règlement européen sur l'IA.

Pour le moment, ni BYD ni Xpeng n'ont annoncé de calendrier de déploiement en France ou en Europe. Les premières livraisons internationales de IRON, si elles se confirment en 2027, cibleront vraisemblablement l'Asie en priorité. L'Europe restera spectatrice dans l'immédiat — mais l'avance prise par les acteurs chinois dans la fabrication est déjà réelle.